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Université de Paris III – Sorbonne Nouvelle
Communication présentée au XIe Colloque International :
« Acquisition d’une langue étrangère : perspectives et recherches »
Usages pragmatiques et acquisition des langues étrangères
19-21 avril 1999, Paris
in F. Cicurel, D. Véronique (dir.) : Discours, actions, appropriation,
Presses de la Sorbonne Nouvelle, pp. 87-105
Analyses et démarches métalinguistiques d’apprenants coréens
sur le passé composé et l’imparfait du français
1. Introduction
L’acquisition d’une langue étrangère par l’adulte comporte généralement deux grandes dimensions : d’une part, l’acquisition de connaissances sur la langue cible (compréhension du fonctionnement de la langue cible), et d’autre part, l’acquisition d’automatismes dans la mise en œuvre de ces connaissances en temps réel de production. En général, les deux dimensions sont plus ou moins présentes dans un contexte d’apprentissage, mais la proportion peut varier selon les situations d’apprentissage (milieu naturel ou institutionnel) et selon l’approche ou la méthode adoptée par l’apprenant ou l’institution. Mais quelle que soit la dimension focalisée et quel que soit le contexte d’apprentisage dans lequel il se trouve, l’apprenant adulte, maîtrisant déjà au moins une langue, déploie des activités métalinguistiques face à la langue cible.
Les activités métalinguistiques peuvent intervenir aussi bien dans l’acquisition de connaissances de la langue cible que dans l’acquisition de l’automatisme. Bialystok (1990, 1991) parle de deux « composantes relevant de mécanismes cognitifs généraux », « analyse des connaissances linguistiques » et « contrôle », qui jouent un rôle, selon elle, aussi bien dans le traitement de la langue maternelle que dans celui d’une langue étrangère. Ces composantes cognitives nous semblent correspondre aux activités métalinguistiques nécessaires au développement de nos deux dimensions de l’acquisition. La composante « analyse » est le processus qui est, selon l’auteur, à la base de la construction, de la structuration et de l’explicitation des représentations mentales liées aux connaissances du langage. La composante « contrôle » est la capacité à accéder aux informations pertinentes et à les intégrer en temps réel. Ainsi, on peut avancer que l’acquisition de connaissances sur la langue cible se fait par les activités métalinguistiques d’analyse, et l’acquisition de l’automatisme dans l’utilisation des connaissances, par celui du contrôle en production[1].
Dans cette présente étude, nous laisserons de côté les activités métalinguistiques de contrôle, et nous pencherons sur les activités métalinguistiques d’analyse que déploie l’apprenant adulte sur des phénomènes de la langue cible.
Les phénomènes que nous observerons dans cette étude sont des phénomènes aspecto-temporels du français langue étrangère. Les informateurs sont des coréens adultes résidant à Paris. Les phénomènes aspecto-temporels d’une langue peuvent être résumés en une sélection de traits dans les informations temporelles, qui seront marqués linguistiquement. L’apprentissage des temps en langue étrangère consiste à repérer les traits pertinents dans cette langue, et à les relier à des formes linguistiques. La raison des difficultés de l’apprentissage des temps dans une langue étrangère est due au fait que, si les formes sont accessibles à l’input, les traits pertinents, eux, ne le sont pas, et que, de plus, les rapports entre les formes et ces traits ne sont pas univoques. Ainsi, l’acquisition des phénomènes aspecto-temporels peut constituer une source importante d’activités métalinguistiques. En adoptant l’approche sémasiologique, nous avons choisi les formes verbales le passé composé et l’imparfait en français pour observer les valeurs que leur attribuent nos apprenants coréens adultes.
2. Méthodologie
2.1. Méthode de recueil de données
Pour observer ces activités métalinguistiques d’analyse de l’apprenant, la production est en général la forme plus accessible dans le domaine de l’acquisition d’une langue étrangère. Elle comporte certes des séquences métalinguistiques (reprises, reformulations, autocorrections, interrogations à l’interlocuteur et séquences potentiellement acquisitionnelles), mais l’inconvénient est qu’il s’y trouve, d’une façon non distinguable, aussi bien les connaissances ou hypothèses de l’apprenant, issues de l’analyse, que d’autres connaissances, comme des séquences mémorisées telles quelles, des erreurs par inattention ou par contraintes cognitives que l’apprenant peut corriger lui-même. De plus, comme nous le montrent les études en psychologie cognitive (Richard, 1990), l’automatisation de connaissances (consistant à repérer les opérations éxécutables nécessaires à la tâche, à les ordonner) demande un certain nombre d’itération pour que les connaissances analysées par l’apprenant soient toutes reflétées dans sa production d’un moment donné.
L’accès à l’analyse de l’apprenant demande une autre méthode de recueil de données, ne serait-ce que pour compléter les observables manifestes dans la production. Nous avons choisi les verbalisations métalinguistiques, des données introspectives que nous pourrions qualifier de directes, par rapport aux données métalinguistiques se trouvant dans la production.
Dans cette étude, nous ne ferons pas de comparaison avec la production comme l’ont fait certains chercheurs (Dabène et Martin-Saurat, 1979, Berthoud, 1980, Giacobbe et Lucas, 1982, Perdue, 1984, Trévise et Demaizière, 1991, Véronique et Houdaïfa, 1991), mais observerons seulement le travail d’analyse de nos apprenants, tel qu’il se manifeste dans leurs commentaires, à propos de l’imparfait et du passé composé en français.
2.2. Objectif
Parmi les types d’activités d’analyse métalinguistiques observables dans les verbalisations, nous nous limiterons d’abord à dégager les représentations ou hypothèses que se font les informateurs des valeurs du passé composé et de l’imparfait. L’observation portera sur les notions qu’utilisent les informateurs pour opposer ou distinguer l’emploi des temps en question. Ensuite, nous nous intéresserons aux démarches adoptées par eux pour la prise de décision dans le choix du temps, notamment dans le cas des erreurs. Et nous observerons la notion déterminante choisie, appelant l’un des deux temps.
2.3. Informateurs
Nos informateurs sont sept apprenants coréens de français. Ils séjournaient en France, au moment de l’enquête, depuis 8 mois à 8 ans, et étaient âgés de 23 à 34 ans. Ils ont tous un niveau de scolarisation élevé (études supérieures en Corée) et ont appris au moins une première langue étrangère (anglais) durant leur scolarité. Quatre d’entre eux suivaient des cours de français à Paris, et trois informatrices étaient étudiantes à l’université.
2.4. Déroulement de l'entretien
Des exercices écrits, notamment des exercices à trou, visant l’emploi du passé composé et de l’imparfait ont servi de support pour avoir accès aux activités métalinguistiques d’analyse de nos informateurs. Il s’agit d’exercices proposés dans une classe de remise à niveau du français, destinée à des étudiants étrangers inscrits à l’Université de Paris III, en 1995. Ces exercices comportent six situations différentes, composées de phrases simples ou de petits récits. La consigne consistait à mettre les verbes entre parenthèses au temps approprié (passé composé ou imparfait). Les verbes à traiter sont au nombre total de quarante deux (voir tableau 1).
Les entretiens qui ont eu lieu individuellement se sont déroulés en français et étaient enregistrés, sauf pour deux informatrices dont les commentaires étaient en coréen et notés. Ils se sont déroulés par petites séquences suivant les six parties de l’exercice. Dans chacune des six séquences, les informateurs étaient invités d’abord à accomplir la tâche, soit silencieusement, soit en réfléchissant à haute voix. Ensuite nous leur avons posé des questions métalinguistiques explicites sur les raisons de leur choix, sur la possibilité d’utiliser une autre alternative, et sur les changements entraînés par cette alternative.
Demander des commentaires sur leur choix permet de traiter aussi bien les erreurs que les productions correctes, ce qui donne une meilleure vision de leur représentation des temps en question. Nos interventions avaient aussi pour but d’aider les informateurs à mieux s’exprimer.
Tableau 1 : Exercice
Consigne : Mettre les verbes entre parenthèses à l’imparfait ou au passé composé
1. Je (dormir) quand mon fils me (téléphoner) d’Australie hier soir.
2. Dimanche dernier, j’ai rencontré Paul qui (partir) pour Chamonix. Il (avoir) beaucoup de bagages et ses skis sur l’épaule. Alors, je l’ (accompagner) à la gare. Il y (avoir) énormément de monde dans le train et il (ne pas pouvoir) trouver de place assise.
3. Quand il (ouvrir) la porte, elle lui (sourire) et lui (dire) : « je t’ (attendre) ! »
4. Mes amis norvégiens (vouloir) depuis longtemps visiter la Bretagne. Ils y (partir) enfin la semaine dernière. Mais quand ils (arriver) à Rennes, il (pleuvoir) et il (pleuvoir) pendant tout leur voyage.
5. Paul (avoir) vingt ans quand il (avoir) son accident de montagne. Il (rester) huit mois à l’hôpital. Quand il en (sortir), il (être) très faible et très maigre : on (ne pas le reconnaître).
6. Hier, un accident (se produire) au carrefour de la rue Caillaux et de l’avenue d’Italie. Il (pleuvoir). Un enfant d’une dizaine d’années (faire) du skateboard sur le trottoir de la rue Cailloux. Quand il (arriver) au carrefour, il (ne pas pouvoir) ralentir et (tomber) sur l’avenue d’Italie juste au moment où une voiture (arriver). Elle l’(heurter) violemment. Il n’y (avoir) qu’une seule personne à cet endroit là. Ce passant (courir) dans la cabine téléphonique d’à côté pour appeler Police Secours. Pendant qu’il (téléphoner), la voiture (filer). L’enfant (se retrouver) tout seul, il (avoir peur) et (réussir) à partir lui aussi ; pourtant il (avoir mal) sûrement ! Quand l’homme (ressortir) de la cabine, il n’y (avoir) plus personne ! Quand la police (arriver) c’est lui qu’elle (emmener) au Commissariat.
3. Observation des données
3.1. Référence aux temps passés et phénomènes d’aspect en français
Pour une référenciation temporelle, trois notions sont considérées comme nécessaires depuis Reichenbach (1947)[2] : le « moment de la parole », le « moment ou intervalle référentiel » ou « moment ou intervalle à partir duquel le procès est envisagé quand on en parle », et le « moment ou intervalle de la situation exprimée par le verbe » (Kihlstedt, 1998, p. 24) [3]. Pour la référence au passé, le « moment référentiel » ou « moment-repère » se situant toujours sur la partie antérieure au moment de la parole sur l’axe du temps, il reste à considérer les relations avec le « moment de la situation » (ex. dans Il est parti hier, le « moment-repère » est hier, le « moment de la situation » est il est parti). Pour certains linguistes, la variation des relations entre le « moment-repère » et le « moment de la situation » définit les phénomènes d’aspect (Wilmet, 1976, Noyau, 1991, Klein 1994). Par exemple, l’aspect parfait (ou accompli) se définit quand le moment-repère se situe après l’intervalle de la situation, ce qui donne une perspective rétrospective sur celui-ci. L’aspect imperfectif se définit quand le moment-repère se situe à l’intérieur d’un procès, ce qui donne une perspective progressive du procès, un procès en déroulement. En français, les aspects parfait et imperfectif sont marqués respectivement par le passé composé et l’imparfait. L’identification de ces deux aspects nécessite ainsi le repérage du moment-repère et sa localisation par rapport à l’« intervalle de la situation ».
Mais l’information temporelle existe également, au niveau de la sémantique du verbe qu’on appelle l’« aspect lexical » (Aktionsart). Plusieurs classements sont proposés et l’une des possibilités est de classer les verbes, soit en « perfectifs » (Riegel et al. 1994) ou « verbes à deux états » (Klein,1994), quand les procès exprimés ont un terme fixe (ex. casser, sortir), soit en « imperfectifs » ou « verbes à zéro état/un état », quand ils sont sans terme fixe (ex. dire, chercher). L’« aspect lexical » influence l’« aspect grammatical » qui, lui, s’exprime par la flexion verbale : le procès « à deux états » qui comporte une transition interne, a tendance à s’allier avec la forme composée par l’assimilation de l’aspect perfectif, et le procès « à un ou zéro état » a tendance à s’allier avec la forme simple pour l’aspect imperfectif[4].
Dans une phrase, outre le verbe et la flexion verbale, d’autres éléments comme adverbe, circonstanciels temporels sont également porteurs d’informations temporelles et entrent en jeu dans la définition de l’aspect de la phrase, et donc, parfois, dans le choix du temps verbal. Ces éléments apportent notamment des notions de bornage de l’intervalle (fermé ou ouvert) (ex. il a plu pendant tout leur voyage) et d’itérativité (ex. il sortait tous les matins). Quand il y a multiplicité d’informations dans une phrase (durée, intervalle borné, perspective rétrospective, itérativité, etc.) une notion a en général « le dernier mot » dans le choix d’une forme verbale. Les difficultés des apprenants peuvent résider d’abord, dans le repérage des notions temporelles parsemées dans une phrase, et ensuite, dans la sélection de la notion déterminante.
Les notions nécessaires à la définition des valeurs aspecto-temporelles du passé composé et de l’imparfait français, donc au choix du temps, sont celles qui caractérisent un intervalle et les rapports entre intervalles mis en relation : quand on considère un seul procès, itérativité, bornage de l’intervalle, phase, et quand on considère deux procès, jeux de perspective entre moment-repère et moment de la situation (aspects parfait, imperfectif, parfait résultatif[5]), ordre entre procès (antériorité, simultanéité, postériorité), types de chevauchements (relation d’inclusion). Pour la caractérisation d’un ou des intervalles reliés, l’apprenant doit tenir compte, au moins, du niveau propositionnel (phrase simple ou complexe), voire textuel (pour les phrases simples qui se suivent comme Hier, il s’est produit un accident au carrefour. Il pleuvait), car les éléments autres que le verbe peuvent toujours modifier ou renverser l’aspect lexical.
3.2. Représentation du passé composé et de l’imparfait et notions utilisées
3.2.1. Représentation a priori dans les verbalisations avant l’exercice
Avant l’exercice proprement dit, nous avons pu demander à la plupart de nos informateurs de verbaliser les emplois du passé composé et de l’imparfait sauf pour Jung.
Lee : « Dans une situation qui dure depuis un certain temps, quand une action a lieu, qui coupe la durée, celle-ci est exprimée par l’imparfait, et l’action qui coupe, qui marque un point dans le temps est exprimée par le passé composé. L’imparfait exprime aussi les habitudes et les faits historiques ».
Na : « Le passé composé marque un événement qui a eu lieu et qui est fini, et aussi l’état de cette situation. L’imparfait désigne quelque chose qui se passe à un point du passé, quelque chose d’habituel dans le passé, et décrit un état ou une situation ».
Park : « Le passé composé exprime les actions complètes, finies, les actions qui ont commencé et qui sont déjà finies maintenant. L’imparfait exprime la description, l’état ou la situation dans le passé, l’habitude, et l’action qui n’est pas finie jusqu'à maintenant, et l’action qui se déroule jusqu'à maintenant ».
Kim : « Le passé composé est utilisé quand une action est terminée, et l’imparfait est employé pour la description ou une action dont le début est inconnu ».
Choi : « Quand il y a deux moments dans une situation, toute action accomplie est au passé composé, et la description est à l’imparfait, même s’il s’agit d’actions ponctuelles ».
Kang : « Les actions dans le passé sont au passé composé, et quand la durée est bien précisée, délimitée, c’est aussi le passé composé qu’on emploie. Quand il s’agit d’une description ou d’un état, c’est l’imparfait ».
Nous constatons que pour le passé composé, l’aspect parfait (action finie, terminée, accomplie), pas toujours distinct de la valeur temporelle (passé), constitue l’essentiel. Certains informateurs (Lee, Na, Choi, Kang) précisent l’aspect parfait d’un procès par rapport au moment-repère. Pour l’imparfait, outre l’aspect itératif (habitude), on observe l’aspect imperfectif (action qui se déroule, situation qui dure, quelque chose qui se passe à un point du passé). Seuls, deux informateurs (Na, Park) font référence au moment-repère pour l’aspect imperfectif. Celui-ci s’exprime aussi du point de vue discursif par d’autres appellations comme « description », « situation », « état ».
3.2.2. Représentation a posteriori à travers les notions utilisées au cours de l’exercice
Les notions utilisées par nos informateurs au cours de l’exercice montrent les analyses métalinguistiques réellement en oeuvre dans une tâche d’analyse de situations écrites.
Dans cette représentation, les notions temporelles utilisées sont plus variées que celles contenues dans les verbalisations avant l’exercice. Comme on peut le voir dans le tableau 2, outre les notions relevant des valeurs aspecto-temporelles proprement dites qui consistent à définir les caractéristiques d’un intervalle et les rapports entre intervalles mis en relation, on observe l’identification des fonctions discursives des deux temps, des effets ressentis (ou interprétations personnelles), et d’autres facteurs de déclenchement du choix de temps.
Tableau 2 : Types d’analyse verbalisés dans les choix Imparfait / Passé composé
(Le comptage exact ne nous semble pas significatif du fait du faible échantillon. Son intérêt réside plutôt dans l’idée d’échelle qu’il peut nous donner. Nous présentons dans ce tableau seulement le classement de types d’activités métalinguistiques et les types d’analyse. L’ordre de présentation des types d’activités métalinguistiques représente l’ordre de fréquence approximatif. Les termes présentés ci-dessous sont des exemples de verbalisations correspondant à chacun des types d’analyse de nos informateurs, à l'exception de ceux accompagnés d’une étoile (*) qui sont de nous-même).
Imparfait
Passé composé
Type d’activité méta
Types d’analyse
Commentaires
Type d’analyse
Commentaires
Analyse discursive
Fonction d’arrière-plan
explication de la situation, situation qui dure un certain temps, état, durée, description, rend plus vivant (récit), pour montrer comme réel
Fonction de trame
action, actions successives, tête de l’histoire,
fin de récit*, descriptif
Analyse des valeurs aspecto-temporelles
Aspect imperfectif
en train de, action continue, état, durée
Aspect parfait
action (commencée et) finie, terminé (maintenant), accompli , déjà fait, pas duré jusqu’à maintenant
Bornage de l’intervalle
pas fini, avant et maintenant non borné à droite
Bornage de l’intervalle
fait (action) ponctuel, point dans le temps, temps (moment) précisé borné à G, D
Sémantique du verbe
sentiment (personnel)
Sémantique du verbe
action
Itérativité
répétition, habitude
Itérativité
une (seule) fois
Aspect parfait résultatif
résultat, n’est plus là
Relation de l’ordre
en même temps, futur dans le passé
Relation de l’ordre
en même temps
Effets ressentis
j’ai l’impression que j’étais là-bas, vitesse, tension, lentement
Effets ressentis
action (très) courte, tout à coup, fait ponctuel, action intentionnelle, qui se passe très vite, fait réel, rapidement, fait objectif, plus précis, logique
Autres facteurs de décision
Intuition
(plus) naturel, c’est mieux, plus juste, c’est bizarre
Intuition
naturel, on sait bien que
c’est le PC, c’est mieux, plus simple
Input ou connaissances
structure typique*, pendant souvent s’accorde avec IMP, appris en grammaire
Input ou connaissances
après pendant, normalement on va avoir PC, grammaire
Indices lexicaux
depuis (longtemps), pendant (que), huit mois indice de durée
Indices lexicaux
enfin indice d’accompli, violemment indice de durée
Stratégie*
Sur quarante deux verbes, presque les deux tiers n’ont pas posé de problèmes aux informateurs qui se sont basés, pour le passé composé, sur la notion d’« action finie » et sur celles d’« action courte » et d’« action ponctuelle ». Pour l’imparfait, ils se sont fondés essentiellement sur les notions suivantes : action en cours, action continue, description, pour exprimer l’aspect imperfectif[6] et aussi sur la notion de durée. On voit apparaître au cours de l’exercice que cette notion de durée non opératoire est utilisée d’une façon importante et aussi contrastive, la durée étant liée à l’imparfait, et la brièveté, au passé composé.
Les notions les plus utilisées sont satisfaisantes dans de nombreux cas. Nous avons testé si on pouvait réussir à mettre tous les verbes en bonne forme avec les notions proposées par les informateurs. Le choix de la bonne notion résolvait tous les problèmes, sauf pour le verbe reconnaître dans 5-5 il était très faible et très maigre : on ne le (reconnaissait) pas. Mais les erreurs montrent l’inopérationnalité de certaines notions (comme la notion de durée) et des problèmes de mise en oeuvre de procédés d’utilisation de notions.
Tableau 3 : Résultats par phrase et par informateur (Les verbes contenant les erreurs sont en italique et en gras. Dans le cas de changement d’avis, nous avons compté la dernière réponse comme réponse définitive. Le signe X signifie que l’exercice n’a pas été fait)
Phrases
Nombre d’erreurs
Lee
Na
Park
Jung
Kim
Choi
Kang
Total
1.1
Je (dormir) quand mon fils me (téléphoner) d’Australie hier soir
0
1.2
Je (dormir) quand mon fils me (téléphoner) d’Australie hier soir
0
2.1
Dimanche dernier, j’ai rencontré Paul qui (partir) pour Chamonix
1
1
1
3
2.2
Il (avoir) beaucoup de bagages et ses skis sur l’épaule
0
2.3
Alors, je l’ (accompagner) à la gare
0
2.4
Il y (avoir) énormément de monde dans le train et il (ne pas pouvoir) trouver de place assise
0
2.5
Il y (avoir) énormément de monde dans le train et il (ne pas pouvoir) trouver de place assise
1
1
3.1
Quand il (ouvrir) la porte, elle lui (sourire) et lui (dire) : « je t’ (attendre) »
0
3.2
Quand il (ouvrir) la porte, elle lui (sourire) et lui (dire) : « je t’ (attendre) »
1
1
1
3
3.3
Quand il (ouvrir) la porte, elle lui (sourire) et lui (dire) : « je t’ (attendre) »
1
1
3.4
Quand il (ouvrir) la porte, elle lui (sourire) et lui (dire) : « je t’ (attendre) »
1
1
1
3
4.1
Mes amis norvégiens (vouloir) depuis longtemps visiter la Bretagne
X
0
4.2
Ils y (partir) enfin la semaine dernière
X
0
4.3
Mais quand ils (arriver) à Rennes, il (pleuvoir) et il (pleuvoir) pendant tout leur voyage
X
0
4.4
Mais quand ils (arriver) à Rennes, il (pleuvoir) et il (pleuvoir) pendant tout leur voyage